Lentilles de contact après chirurgie réfractive
Solutions lorsque la qualité visuelle n’est pas celle espérée
LASIK, PRK (Photorefractive Keratectomy, ou kératectomie photoréfractive), LASEK ou SMILE : la chirurgie réfractive permet à de nombreuses personnes de réduire leur dépendance aux lunettes ou aux lentilles. Les résultats sont généralement satisfaisants. Comme toute intervention chirurgicale, ces techniques présentent néanmoins des limites, des effets secondaires et des risques. Chez certains patients, la qualité de vision obtenue peut ne pas correspondre entièrement au résultat espéré, même lorsque l’acuité visuelle mesurée paraît bonne.
Une vision parfois différente de celle espérée
- vision fluctuante ou insuffisamment précise ;
- halos ou éblouissements, notamment la nuit ;
- diminution du contraste ou de la qualité visuelle ;
- aberrations optiques ;
- correction résiduelle ou régression ;
- astigmatisme irrégulier ;
- sécheresse oculaire ou altération du film lacrymal ;
- cicatrice ou opacification cornéenne ;
- haze, notamment après une chirurgie de surface telle que la PRK ;
- irrégularité progressive de la cornée ;
- plus rarement, ectasie cornéenne post-chirurgie réfractive.
Certaines manifestations sont transitoires et diminuent avec le temps. D’autres peuvent persister ou apparaître plus tardivement et nécessiter une analyse plus approfondie.
Effets indésirables ou complications possibles selon la technique
Ce tableau présente des possibilités et non leur fréquence. Le profil de risque dépend de la technique, de l’œil traité, de la correction initiale et des technologies employées.
| Technique | Troubles visuels possibles | Surface oculaire / cornée | Complications plus spécifiques |
| LASIK | Halos, éblouissements, vision nocturne moins confortable, baisse du contraste, correction résiduelle ou régression | Sécheresse, fluctuations, irrégularité cornéenne | Complications du flap ou de l’interface ; astigmatisme irrégulier ; plus rarement ectasie |
| PRK | Halos, éblouissements, récupération progressive, correction résiduelle ou régression | Sécheresse, cicatrisation épithéliale, inconfort postopératoire | Haze, cicatrice, infection ; plus rarement ectasie |
| LASEK / Trans-PRK | Halos, éblouissements, récupération progressive, correction résiduelle | Sécheresse, inconfort initial, cicatrisation de surface | Haze ou cicatrice, infection ; plus rarement ectasie |
| SMILE | Halos, éblouissements, baisse du contraste, correction résiduelle ou régression | Sécheresse oculaire possible | Irrégularité optique, complications liées à l’extraction du lenticule, infection ; plus rarement ectasie |
| Implant phaque / ICL | Halos, éblouissements, symptômes nocturnes, correction résiduelle | La cornée n’est pas remodelée par laser | Rotation/déplacement, élévation de la pression intraoculaire, cataracte, perte de cellules endothéliales et autres complications intraoculaires |
| Chirurgie du cristallin / implant réfractif | Halos, éblouissements, dysphotopsies, contraste parfois diminué, correction résiduelle | Pas de remodelage cornéen par laser | Complications propres à la chirurgie intraoculaire ; effets optiques dépendant notamment du type d’implant |
À retenir : la présence de l’un de ces symptômes ne signifie pas nécessairement que l’intervention a échoué.
Comment certains troubles visuels peuvent-ils être perçus ?
Images illustratives : la perception réelle varie d’une personne à l’autre.
Lorsque la vision évolue avec le temps
Une chirurgie initialement satisfaisante n’empêche pas l’œil et la vision de continuer à évoluer. Une myopie, un astigmatisme ou une hypermétropie peuvent apparaître ou réapparaître.
À partir de 40–45 ans environ, la presbytie peut progressivement modifier la vision de près, y compris après une chirurgie réfractive. Cette évolution naturelle doit être distinguée d’une complication.
Lorsque la cornée reste régulière, des lentilles souples classiques, notamment journalières, peuvent parfaitement convenir. En cas de presbytie, des lentilles multifocales ou d’autres stratégies peuvent être proposées.
Notre objectif : proposer la solution la plus simple lorsqu’elle est suffisante.
Lorsque les lunettes ou les lentilles classiques ne suffisent plus
Lorsque la cornée présente une irrégularité importante, lunettes ou lentilles souples classiques ne permettent pas toujours de retrouver une qualité de vision satisfaisante. Des lentilles rigides perméables aux gaz, hybrides ou sclérales peuvent alors être envisagées.
Illustration de topographie cornéenne irrégulière. Pour la version web définitive, privilégier une topographie clinique anonymisée du Centre.
Les lentilles sclérales
Cette configuration crée une nouvelle surface optique régulière et maintient un environnement liquidien devant la cornée. Elle peut être particulièrement intéressante lorsqu’une irrégularité cornéenne est associée à une sécheresse importante ou à une atteinte de la surface oculaire.
Schéma illustratif : lentille sclérale et réservoir liquidien.
Une analyse détaillée de la cornée et de la vision
Chaque situation est différente. L’examen peut notamment comprendre :
- réfraction et acuité visuelle ;
- analyse de la qualité visuelle ;
- topographie ou profilométrie cornéenne ;
- analyse des irrégularités de la cornée ;
- évaluation de la surface oculaire et du film lacrymal ;
- essais de différentes géométries de lentilles lorsque cela est indiqué.
Notre objectif n’est pas de revenir sur l’intervention chirurgicale réalisée, mais de rechercher la solution la plus simple et la mieux adaptée permettant d’obtenir la meilleure qualité de vision possible.
Une équipe spécialisée
Tous les optométristes du Centre Lentilles de Contact sont spécialisés en contactologie.
Notre équipe possède une expérience particulière dans l’adaptation de lentilles sur des cornées présentant des géométries complexes ou irrégulières. Selon la situation, la solution peut aller d’une simple lentille souple journalière ou multifocale à une lentille rigide ou sclérale entièrement personnalisée. Lorsque la situation le nécessite, la prise en charge est réalisée en collaboration avec l’ophtalmologue.
Vous avez été opéré et votre vision a changé ?
Que votre correction ait simplement évolué avec le temps ou que votre qualité visuelle soit devenue insuffisante après une chirurgie réfractive, un examen spécialisé permet d’en rechercher la cause et de déterminer quelle solution en lentilles de contact est la mieux adaptée.
Références scientifiques
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4. Moshirfar M, et al. Management of Corneal Haze After Photorefractive Keratectomy. Ophthalmol Ther. 2023;12:2841–2862. doi:10.1007/s40123-023-00782-1.



